Née en Allemagne à la fin du XXème siècle (1991), la marque Pentagon a commencé en étant un surplus spécialisé, grossissant très rapidement au point d’ouvrir en 1993 en Grèce un entrepôt puis d’investir dans la R&D (recherche et développement) face à la demande d’utilisateurs désireux de trouver des tenues et équipements se rapprochant des gammes proposées par les fabricants de vêtements de sports, mais en couleurs plus adaptées à un emploi professionnel militaire ou forces de l’ordre, tout en fabriquant pour plusieurs institutions majeures de plusieurs pays (tenues de combat notamment), gagnant ainsi une véritable expertise en la matière.

Aujourd’hui, entre la conception, fabrication et distribution de vêtements, de sacs, de motifs camouflés et d’accessoires aussi bien pour une clientèle de particuliers que d’institutionnels, Pentagon est devenue une marque incontournable du secteur, voire de référence en matière de rapport qualité / prix.

Leur gamme propose notamment plusieurs modèles de softshell suivant les utilisations, et nous allons traiter ici la Reiner 2.0, seconde itération d’un best-seller de la marque.

 

Inspection générale de la PENTAGON Reiner 2.0

Pentagon définit sa Reiner comme une softshell polyvalente à la doublure en polaire surfine, optimale pour le port en service, que ce soit en tenue ou en civil. Les matériaux employés, sont, comme souvent chez la marque, d’excellente qualité, et tout indique que cette veste devrait donner entière satisfaction.

Les principales caractéristiques techniques de cette softshell sont :

  • Matériau extérieur : StormTex®, un laminé extensible très performant :
    • imperméabilité 8000 mm ;
    • respirabilité 3000 mvp ;
  • Doublure en polaire surfine ;
  • Ouverture centrale à fermeture éclair bi-directionnelle YKK® ;
  • Poches doublées de mesh ;
  • Emplacements pour patches 13x8cm ;
  • Coloris : gris / coyote / olive / noir ;
  • Tailles : S, M, L, XL, XXL ;
  • Construction :  coutures apparentes.

Du fait de la construction à coutures apparentes (comme sur la quasi totalité des softshells), Pentagon explique que le vêtement n’est pas hermétiquement étanche.

En effet, il ne s’agit pas d’une « hardshell », autrement dit pas d’un vêtement de pluie étanche, mais bien d’une veste polyvalente, extrêmement déperlante et très respirante, conçue comme toute softshell pour protéger d’une pluie momentanée dans un large panel de circonstances et d’en limiter le désagrément, tout en vous permettant de sécher rapidement que ce soit de votre transpiration ou de l’eau qui aurait pénétré, en cas de pluie battante ou longue.

Vue générale softshell PENTAGON Reiner 2.0

 

Ainsi, on notera que le vêtement ne dispose pas de capuche, la destination première de ce type de vêtement n’étant pas de vous permettre de séjourner en Bretagne à plein temps sous la pluie H24 mais bien de vous protéger au mieux des intempéries passagères.

L’architecture générale de la veste est très classique du genre, avec deux grandes poches ventrales à ouvertures latérales, et une poche d’épaule au bras gauche, mais intègre quelques subtilités intéressantes.

On ne manquera pas de remarquer sur les photos suivantes les coutures doublées voire triplées aux points les plus sensibles à l’usure ou à l’étirement.

De plus le fil de couture utilisé par Pentagon est du nylon retors enduit, le même fil utilisé sur le matériel en Cordura réalisé aux normes militaires (A-A-59826 Type II). Ce fil est beaucoup plus résistant et beaucoup plus cher que le fil de couture enduit non retors, pire encore que les fils ni retors ni enduits, voire polyesters ou cotons, utilisés par encore bien trop de marques, au détriment de la durabilité de leurs produits.

Pour commencer, les marquages sont discrets, brodés, et présents seulement à l’avant et à l’arrière de la veste. Ils n’attirent pas particulièrement l’oeil, et le nom qui n’est ni « quelquechose-tactical » ni « militaire-technologie » limite la connotation « tactique » du vêtement, ce qui ravira ceux travaillant en civil, occasionnellement ou quotidiennement.

En noir ou plus encore en gris, cette veste pourrait passer pour un article d’une marque de sport ou d’activités extérieures (outdoor), d’autant que le design est plus travaillé que sur des modèles d’autres marques : coupe près du corps, relativement courte. Nous reviendrons sur les tailles plus loin.

Dos Pentagon Reiner 2.0

Le côté tactique est également atténué par les cordons de serrage du bas du vêtement, de couleur orange, à la fois faciles à identifier même en basse luminosité (non pas qu’on règle ça souvent, certes), et dissimulables si leur couleur dérange. Le bloqueur de la cordelette élastique est de plus monté comme un bouton canadien, il ne viendra donc pas pendre ni se prendre dans votre matériel ou votre ceinturon, tout en ne pouvant ainsi être perdu.

Cordon de serrage Pentagon Reiner 2.0

Pour ce qui est de l’ouverture principale de la veste, celle-ci est de marque YKK (gage de la meilleure qualité) et en polymère, donc à la fois fiable, silencieuse, et peu sensible aux sables, boues etc.

C’est la seule glissière YKK du vêtement, les autres, appelées à une moindre utilisation, étant de marque THC. Un choix donc rationnel pour le rapport qualité / prix, YKK (japonais) faisant les meilleures mais aussi les plus chères fermetures à glissière, tandis que THC (chinois) reste une excellente référence, aux tarifs beaucoup plus doux. De plus il ne s’agit pas ici des mêmes types de glissières entre la principale et les autres.

Son double curseur permet une ouverture par le haut comme par le bas, ce qui permet à la fois, entre autres :

  • d’enfiler la veste rapidement par-dessus un gilet de combat par exemple, en ne fermant qu’à partir du col, tout en gardant un accès maximal à la partie frontale de votre gilet ;
  • de garder une aisance à la taille lors du port d’un ceinturon de combat, en ouvrant partiellement le bas ;
  • de climatiser l’ensemble en ne fermant qu’un minimum à la hauteur de votre convenance, sous un gilet de combat par exemple, pour permettre un maximum de flux d’air.

Fermeture centrale Pentagon Reiner 2.0

On notera que si le curseur du haut dispose d’une tirette, ce n’est pas le cas de celui du bas, un choix qui paraît cohérent dans la mesure ou, dans la plupart des situations, le curseur du bas sera … en bas, et une tirette aurait alors pu gêner avec le port d’une ceinture tactique équipée, faire du bruit en frappant une boucle plastique de ceinturon de travail, ou se prendre dans des effets ou matériels.

A noter également que les tirettes présentes sur les vêtements Pentagon sont à la fois discrètes et d’une préhension aisée, même doigts engourdis par le froid et / ou gantés.

Côté climatisation, comme sur de nombreuses softshells, les aisselles sont pourvues de glissières également (de marque THC donc), ici doublées de mesh résistant, permettant une bonne ventilation sans exposer le vêtement porté dessous. Contrairement à de nombreux modèles, la glissière est ici aussi à double curseur. On peut alors adapter l’ouverture aux effets portés par-dessus cette Reiner 2.0, bretelles de sac à dos, gilet pare-balles ou chestrig / brelage par exemple.

Ouvertures sous les bras de la Pentagon Reiner 2.0

Pour les poches ventrales comme pour les autres, la fermeture de glissière vient se loger derrière une protection faisant barrière à la pluie notamment, et limitant les risques d’intrusion de corps étrangers pouvant éventuellement perturber le fonctionnement du zip. Les tirettes sont ici comme pour la poche de bras, textiles, et cousues bartack (le type de couture le plus résistant, qu’on retrouve sur le système Molle mais aussi sur jeans, manteaux ou chemises de bonne qualité à tous les points sensibles). Extrêmement fiable donc. Les ouvertures sont très généreuses et les poches gigantesques, un bloc-notes A5 rentre sans problème par exemple, tandis qu’un petit carnet trouvera sa place dans la poche de bras.

Poche ventrale Pentagon Reiner 2.0

La poche poitrine dispose d’un curseur de glissière spécifique, inspirant la plus grande confiance. Son ouverture légèrement inclinée, contrairement à la Reiner version 1 où l’ouverture était classiquement verticale et plus plaisante à l’oeil pour certains, facilite l’utilisation de la poche. Ca peut paraître un détail mais on se prend moins le haut de la main dans celui de l’ouverture, idem pour les éléments qu’on sort de la poche. Si le port d’un GPB en condamne l’accès, les chest-rigs et brelages compacts, même portés haut, laissent toutefois la possibilité de glisser 2-3 accessoires dedans (protections auditives, gants, …).

Ouverture poche poitrine Pentagon Reiner 2.0

A l’intérieur de cette poche poitrine, une fente rendue bien visible ici encore par l’emploi d’orange, permet de faire courir un flexible (câble, tuyau fin) vers l’intérieur de la veste.

Détail ouverture poche poitrine Pentagon Reiner 2.0

La sortie de cette ouverture à l’intérieur de la veste est également facile à trouver via ce code couleur, et un élastique permet de stopper le flexible passant par ladite ouverture. On pourra aussi bien y employer donc un kit oreillette, qu’un câble de chargement, qu’un tuyau d’hydratation fin relié à une gourde souple plate. Des poches internes sont également présentes.

Détail intérieur poche poitrine Pentagon Reiner 2.0

Pour les poignets, la fermeture à velcro permet de régler le serrage et offre une fiabilité supérieure, et à la première version du modèle, et à de nombreux modèles concurrents, y compris aux softshells de dotation.

Velcro poignet Pentagon Reiner 2.0

En effet, la partie mâle de l’auto-agrippant est particulièrement agressive, tandis que les boucles de la partie femelle sont à la fois très douces pour limiter la collecte de brindilles et autres morceaux de feuilles mortes, et généreusement dimensionnées pour une meilleure accroche avec la partie mâle.

Détail velcro Pentagon Reiner 2.0

L’inspection générale de la softshell Pentagon Reiner 2.0 est donc très rassurante, avec une qualité générale de fabrication (matériaux, finitions) et un soin accordé à l’ergonomie rarement vus à ce niveau de gamme et de tarifs (moins de 100€ livrée).

RETEX de la PENTAGON Reiner 2.0

La marque Pentagon n’est pas inconnue des membres du Collectif, plusieurs d’entre nous utilisant certains de leurs produits régulièrement voire quotidiennement (et nous tâcherons d’en fournir les reviews dès que possible). Nous partions donc confiants à l’essai de cette softshell.

Le port en service (côté kaki) de cette softshell est tout à fait satisfaisant, et trouvera toute son utilité aussi bien en plein hiver par-dessus une Ullfrotte + une UBAS, qu’à la fraîcheur des nuits d’été par-dessus une chemise guérilla ou un simple t-shirt.

La résistance à l’eau même sous une forte pluie est conséquente (logique vu les 8000 mm annoncés), mais comme avec toute softshell, l’exposition prolongée à la pluie finit par laisser passer l’humidité, sans inconfort notable : on reste confort en été par-dessus une chemise guérilla, et la laine d’une Ullfrotte préserve une température correcte l’hiver. Pour l’emploi pour lequel ce type de vêtement est conçu, la Reiner 2.0 fait le job.

La respirabilité n’est cependant pas aussi bonne qu’espérée, en comparaison notamment avec l’une des softshell ARES en dotation / service dans certaines unités. Un résultat auquel nous aurions du nous attendre : 3000 mvp ≠ 5000 mvp. De fait on aura tendance à transpirer plus vite à l’effort dedans, et la veste mettra plus de temps à sécher une fois humide, qu’il s’agisse de la transpiration ou de la pluie. Non pénalisant pour une utilisation civile, mais dans un cadre plus actif, a fortiori si un GPB / brelage est porté par-dessus, cela pourra compter.

La circulation de l’air étant en revanche excellente en jouant sur le double curseur central, les aisselles, voire les poches si porté sous un GPB / chestrig, on pourra retrouver un très bon confort à l’effort et une bonne vitesse de séchage.

La taille du col permet le port fermé d’une Ullfrotte + UBAS, même si les cous les plus massifs pourraient être un peu justes sans être serrés, ceci à l’avantage de la protection contre la pluie, moindre sur d’autres modèles au cou plus ouvert. Le port d’un shemag pourra limiter les possibilités de fermer le col cependant, selon comment il est porté.

La coupe est parfaitement adaptée en termes de coupe à des gabarits grands et sec, moins à des gabarits classiques. Ainsi, les tailles portées ces derniers mois dans le cadre de cette review donnent ceci :

  • 1m70 pour 70kg, 104cm de poitrine, pantalons taille 38 :
    • taille XS trop petite et manches trop courtes mais longueur parfaite ;
    • taille S trop longue de buste mais parfaite ailleurs ;
  • 1m74 pour 72kg, 102cm de poitrine, pantalons taille 38 :
    • taille S parfaite, ajustée si vêtements épais dessous ;
    • taille M ample et trop longue, manches ok ;
  • 1m78 pour 80kg, 110cm de poitrine, pantalons taille 40 :
    • taille S bonne longueur mais trop courte aux bras et trop juste si vêtements épais dessous ;
    • taille M trop longue de buste mais parfaite ailleurs.

Il s’agit cependant de nos préférences personnelles, la Reiner 2.0 restant plus courte que des modèles d’autres marques aux tailles plus américaines, plus amples et souvent inadaptées aux gabarits plus compacts de nos contrées.

On regrettera aussi que ce type de veste, bien que très à la mode chez les FDO / MIL, ne dispose pas d’une ergonomie plus adaptée à nos besoins, mais cette critique n’est pas spécifique à ce modèle. Ainsi, les poches du corps sont inutilisables au port d’un brelage ou d’un gilet pare-balles, et les poches de poitrine et de bras exclusives au côté gauche limitent les possibilités, a fortiori pour les gauchers.

Bilan de la PENTAGON Reiner 2.0

La softshell Reiner 2.0 est globalement une excellente veste polyvalente, au meilleur niveau de ce qui se fait dans la catégorie, tout particulièrement compte-tenu du tarif très correct en regard des matériaux employés et des finitions réalisées. On est ainsi pour ces aspects un net cran au-dessus des productions Mil-Tec bien sûr, mais aussi DCA / OPEX, TOE et même Helikon.

Un vrai travail a été réalisé par la marque sur les détails d’ergonomie, et cette softshell sera parfaite lorsqu’aucun effet balistique n’est porté par dessus. Un excellent produit donc pour ceux travaillant en civil et cherchant le bon compromis entre discrétion et adaptation à leurs besoins, un très bon produit polyvalent pour un usage mixte tenue / civil, et un excellent produit pour l’utilisateur civil, que ce soit en loisirs ou à la ville.

 

Très bien :

  • Matériaux employés
  • Finitions et coutures
  • Détails d’ergonomie
  • Performances techniques
  • Fiabilité du velcro

 

Correct :

  • Position des poches en port seul
  • Taille de la cheminée de col

 

A revoir :

  • Longueur totale
  • Position des poches en port sous GPB / brelage

 

Comme dit plus haut, comptez 85-100€ livrée en France pour cette veste, suivant où vous l’achèterez et les éventuelles promotions en cours. Elle est ainsi disponible notamment chez Outpost Shop, sur Amazon, ou encore chez ASMC, entre autres.

 

Vous avez une softshell PENTAGON Reiner 2.0 et vous souhaitez contribuer au développement de cette review, n’hésitez pas à nous faire part de vos propres RETEX dans l’intérêt de nos camarades lecteurs, en n’oubliant pas de préciser les conditions dans lesquelles vous l’avez utilisée pour plus de précision.