Bonjour à tous,

Aujourd’hui dans le dossier Tactical Mercredi nous allons vous donner quelques tuyaux pour dormir bien au chaud dans votre duvet lors de tout bivouac en pleine nature et par temps plus ou moins clément.

En effet, dormir dehors avec des températures froides peut vite devenir un cauchemar si on ne prend pas ses dispositions et si on ne respecte pas un minimum de conseils.

Voici donc nos 10 astuces pour passer une bonne nuit dans votre duvet, même par temps froid.

Un petit rappel à titre informatif sur les duvets TTA (= de dotation pour les néophytes), en termes de performances théoriques, d’encombrement comme de volume:

  • Duvet TTA « hiver » :
    • Poids : 2,4kg
    • Dimensions compacté : 40x20x20cm soit 16l
    • Températures confort/extrême : 10°C/0°C
  • Duvet TTA « été » ou « sakàviande » :
    • Poids : 1,2kg
    • Dimensions compacté : 35x15x15 soit 8l
    • Températures confort/extrême :20°C/10°C
  • Doublure TTA Goretex de duvet :
    • Poids : 1,3kg
    • Dimensions compacté : 60x13x13 soit 11l
    • Particularités : étanche, permet de gagner 3-5°C
  • Duvet TTA complet V1 (« hiver » + « été » en doublure intérieure sans doublure Goretex) et V2 (V1 + doublure Goretex) :
    • V1 : Poids : 3,6kg/Volume:24l
    • V2 : Poids : 4,9kg/Volume:32l
    • Températures confort/extrême :0°C/-10°C

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1. Bien choisir son sac de couchage

Il existe différents types de sacs de couchage, chacun avec leurs spécificités. Un sac de couchage en duvet sera plus léger, plus compact et plus chaud mais il est aussi plus fragile et ne vous sera plus d’aucune utilité s’il est mouillé. A l’inverse un sac de couchage synthétique sera plus gros et plus lourd mais craindra beaucoup moins les intempéries et tout ce que vous pourrez lui faire subir.

Choisissez donc bien votre sac en fonction de votre activité principale.

Attention également aux caractéristiques de température, celles-ci sont faites en laboratoire dans des conditions plus qu’idéales et il faudra donc les revoir à la baisse pour une utilisation sur le terrain lors d’un vrai bivouac. A noter que la température en confort est la température minimale d’utilisation en position allongée et détendue et la température limite confort est la température minimale d’utilisation en position recroquevillé.

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Par ailleurs faites attention à la longueur et à la largeur (notamment au niveau des pieds) de votre sac de couchage. Un sac trop grand et/ou trop large va nécessiter plus de temps et d’énergie pour chauffer l’air à l’intérieur et vous risquez d’avoir froid. Cependant, ce peut être souhaitable si vous envisagez de dormir tout habillé voir chaussé dans votre duvet, auquel cas la résistance des matériaux devra aussi être prise en compte. A l’inverse un sac trop petit risque de moins vous couvrir et le volume d’air chaud à l’intérieur du sac risque de ne pas être assez important pour atteindre la température optimale, sans parler des inconvénients évidents en termes de confort.

  • A titre d’exemple Polo prend des sacs d’environ 1,85m sachant qu’il mesure 1,71m. Cela lui permet de fermer la capuche du sac tout en laissant ses habits de la journée à ses pieds pour les faire sécher. Il a fait le choix du Carinthia Defence 4 (review ici) pour l’hiver et du Carinthia Tropen (review ici) en mi-saison.
  • Phoenix, avec son 1,72m préfère prendre un peu plus grand en longueur, ce qui lui permet suivant les besoins de dormir tout habillé et chaussé et de faire sécher d’éventuels effets humides en les plaçant dans un sac respirant mis à l’intérieur au niveau des pieds (pour les curieux: aucun problème d’odeurs en choisissant le bon duo chaussures + chaussettes). Il a fait le choix du Snugpak Jungle Bag, qui permet de tenir 4 saisons dans certaines conditions (voir plus bas) et, avec sa moustiquaire de tête, garanti une nuit sans petites bêtes plus ou moins gênantes.

En ce qui concerne le matériel de dotation, en treillis sans rangers dans le duvet TTA été, éventuellement complété par une doublure de poncho par-dessus, on dort bien jusque 5°C en n’étant pas frileux, en plus de gagner en réactivité. Si dodo sans treillis, garder le treillis sur le couchage si la nuit n’est pas humide (attention à l’humidité nocturne et à la rosée même par temps sec) ou dedans, il sera chaud quand on le remettra tout en participant à l’isolation du dodo sans pour autant être porté (effet confort en s’habillant!).

Le duvet hiver TTA est quant à lui inutilisable : compacté il cube à plus de 15l, soit + d’1/3 du volume total d’un sac patrouille, en plus d’être très lourd. Conçu dans le cadre de la Guerre Froide pour dormir tout habillé au sec (censé être étanche) en mode tactique, il peut convenir pour une nuit sommaire avec abri poncho et tapis de sol léger, c’est tout. Le système complet (hiver + été + sursac) remplit quasi totalement le compartiment principal d’1 sac patrouille (32l).

Le coût d’un sac de couchage augmentant avec sa capacité à affronter les températures basses, une solution économique est: sac de couchage « 2-3 saisons » + doublure intérieure (sac à viande) + doublure extérieure (sur-sac) ou doublure de poncho. Au final, vous en aurez pour le même prix qu’un sac grand froid avec cependant la possibilité de moduler suivant les contraintes météo / saison / environnement / capacité d’emport. Le tout en restant léger: on peut ainsi rester sans difficulté sous les 3kg et 15l pour une solution de couchage complète pour l’hiver (Snugpak Jungle Bag + tapis de sol doublé + poncho liner + Grabber que vous verrez plus bas = 2385g) permettant au surplus un confort thermique et du dos très supérieur au matériel de dotation.

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2. Bien choisir son sac à viande et/ou son sursac

Le sursac est un élément essentiel si l’on veut dormir convenablement lors d’un bivouac humide léger, en toutes saisons. Il en existe différents types et dans différentes matières, imperméables ou seulement déperlants.

Attention au degré d’imperméabilité et de respirabilité car de là va dépendre  la condensation que vous aurez à l’intérieur. De plus, il faut avoir conscience que l’imperméabilité affichée doit être divisée en gros par 3 pour les surfaces entre le corps et le sol, du fait du poids faisant pression et permettant l’entrée de l’eau à travers la membrane.

Certains sursacs voire certains sacs de couchage sont à cet effet renforcé (Cordura ou autre matériau) dans leur partie en contact avec le sol / tapis de sol.

Le choix de votre sursac de couchage dépendra donc de l’utilisation que vous avez de votre sac de couchage (sorties MUL, bivouac tactique etc…).

Les militaires perçoivent quant à eux un sursac de couchage dit « goretex » (mais qui n’en est pas en réalité). Très lourd et posant de gros problèmes de condensation, c’est néanmoins un choix abordable pour tous.

  • Polo comme Phoenix ont opté pour le Bivy Bag de Snugpak (review ici) et en sont très satisfaits tant sur le plan de l’efficacité que de la résistance et du poids.
  • Vous pouvez cependant très bien utiliser une bâche comme sursac, en roulant votre duvet dedans:
    • avantage: possibilité d’avoir une protection optimale côté sol en jouant sur le nombre de couches (en repliant la bâche);
    • inconvénient: attention à la respirabilité, le duo duvet + bâche doit être adapté pour cela. Un Snugpak Jungle Bag couplé à un Tarp Pathfinder Be-X (une des meilleures bâches 3×3 du marché) offre d’excellents résultats.

Concernant maintenant le sac à viande, beaucoup vont le considérer comme un accessoire inutile, ce que, chez TRE, nous réfutons catégoriquement.

En effet un sac à viande en coton vous permettra d’emprisonner et de garder une partie de la condensation sans que votre sac de couchage devienne humide. Par ailleurs, certains sacs à viande sont spécialement conçus pour apporter un gain de chaleur parfois considérable.

Ainsi nous trouvons des sacs à viande de différentes matières qui seront utilisés dans des situations variées :

  • le sac à viande en coton, assez basique, va apporter un faible gain de chaleur mais permettra d’emprisonner la condensation. Par ailleurs il ne pèse pas très lourd.
  • le sac à viande synthétique, plus performant, apporte un réel gain de chaleur pour un poids et un encombrement faible.
  • le sac à viande en polaire, très chaud mais lourd et encombrant.
  • le sac à viande en soie, contrairement aux idées reçus n’apporte pas de gain de chaleur (la soie est utilisée dans les pays chauds et humide d’Asie du Sud-Est pour réguler la température, permettant de la maintenir) mais la régule et est très léger.
    • Polo a opté pour un sac à viande Thermolite Reactor (review ici).
    • Phoenix pour un équivalent Snugpak.

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3. S’isoler du sol

Il faut savoir que durant la nuit, l’humidité du sol remonte. C’est donc à cet endroit que vous aurez le plus de mal à garder la chaleur et il est donc primordial de vous isoler.

  • Polo vous recommande un bête tapis de sol de chez Decathlon, qui fera très bien l’affaire, il en utilise un qui va de sa tête jusqu’aux genoux qui l’isole très bien du sol. Rustique mais efficace, une solution qui a fait ses preuves et permet de rester très léger tout en maintenant un confort acceptable dans 2/3 à 3/4 des conditions.
  • Si vous recherchez plus d’isolation du relief du sol et de son froid tout en voulant rester léger et fonctionnel en toutes saisons, Phoenix vous recommande LA couverture de survie US (« Grabber Blanket », entre 20 et 25€ sur ASMC, Welkit, etc.), qui par sa taille (214x150cm) et sa conception pourra servir aussi bien d’isolant sol que d’abri voire de brancard de fortune, et qui combinée à un matelas mousse doublé alu (type MFH Adventure sur ASMC.fr, 7€!), vous permettra d’être isolé du sol en toutes saisons, même sur sols très, très froids. Le tout pour moins de 30€ et moins de 700g.

Si vous n’avez pas de tapis de sol, on vous conseille de choisir soigneusement votre emplacement de bivouac. Dormir sous un sapin vous fera par exemple gagner quelques degré du fait de la couche d’épines au sol qui est un très bon isolant. Pareil pour les feuilles mortes, mais attention au bruit et aux tiques, qui aiment s’y réfugier en nombre.

Les matelas gonflables sont à éviter: toujours lourds (>500g voire >1kg), coûteux, ils sont également trop fragiles pour être fiables.

Les matelas isolants doublés alu sont à utiliser face alu vers l’utilisateur, pour lui renvoyer sa chaleur. Sur les terrains en légère pente, il arrive que le tapis de sol si doublé alu donc glissant et le sac glissent l’un sur l’autre et on se retrouve mal isolé du sol. Coller / coudre du velcro sur les zones de contact du tapis et du sac est une solution efficace.

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Un exemple de configuration: 1: bâche de sol ou sol de tente voire rien si temps sec assuré, 2: couverture de survie US, 1 pour 2 voire 1 par personne qui sera repliée sur l’utilisateur en couverture en cas de grand froid / vent, confort et chaleur garantis, 3: tapis de sol épais, doublé alu si possible, pour l’isolation physique et thermique, 4: au besoin, doublure de poncho e couverture coincée entre 2 et 3 pour ne pas bouger pendant la nuit.

4. S’isoler du vent et de la pluie

La pluie et le vent sont les deux principaux éléments qui pourront vous donner cette sensation de froid et d’inconfort qui vous feront passer une mauvaise nuit donc autant s’en prémunir.

A cet effet on vous conseille d’avoir toujours avec vous un bon tarp ou une petite bâche que vous pourrez tendre pour vous protéger, qu’on pourra compléter si le terrain peut ne pas offrir de moyens d’accroche / mise en tension, par un mât de tente télescopique (le meilleur rapport qualité / prix: versions 50-90cm ou 70-130cm sur asmc.fr, dans les 7€ max en tarif militaire).

Quelques exemples de ce qu’on peut faire avec une simple bâche 3x3m (le plus polyvalent mais le plus lourd en usage individuel, à voir si vous envisagez d’autres utilisations que juste abri: brancardage d’urgence, franchissements humides etc.) et un mât télescopique:

Quelques astuces pour gagner en temps d’installation du bivouac, qualité, résistance au vent, confort, avec sa bâche :

  • Toujours installer la bâche de sol en premier en la laissant repliée sur elle-même de sorte à pouvoir l’ouvrir une fois l’abri monté et pour qu’elle ne prenne pas l’eau/saletés pendant montage abri : ainsi pas de risque de ruissellement de l’eau depuis le toit vers l’intérieur sous le couchage, et meilleure protection aux courants d’air.
  • Toujours installer les sardines arrière de la tente/bâche en premier et les sardines latérales avant en dernier, permet de s’assurer d’une structure bien tendue et stable.
  • Utiliser des cordelettes élastiques au lieu de ficelle rigide pour tendre mats et œillets, installation plus tendue et plus stable au vent.
  • Pré-installer sa cordellette/ficelle et finir le côté sardine avec un nœud de chaise prêt à recevoir sardine = gain de temps à l’installation.
  • Si possible, avoir dans le sac 2 tendeurs d’1m (mieux qu’un tendeur de 2m) et 1 dizaine de portions d’1m de cordelette élastique ou de paracorde dont chaque extrémité est finie en nœud de chaise : permet d’avoir rapidement fixations supplémentaires prêtes, et les portions d’1m peuvent être facilement imbriquées les unes dans les autres grâce au nœud de chaise pour former des sections plus longues. L’ensemble permet d’improviser sur n’importe quel terrain, qu’on dispose d’arbres, pierres, ou juste sardines, et même de mesurer des distances au besoin.
  • Si tarp comme abri principal, soit mât télescopique, soit plusieurs morceaux de bois du terrain à chattertonner ensemble.
  • Pour une bonne résistance dans la durée et dans les pires conditions, penser à renforcer œillets poncho voire bâches légères avec chatterton ; appliquer surface chatterton sur les zones d’appui d’un éventuel bâton pour éviter la perforation.

Si vous ne pouvez avoir de bâche à disposition, rien ne vous empêche de vous créer un abri avec des branchages ou de monter un mur de pierre / neige / glace pour vous protéger du vent.

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5. Manger léger et boire chaud

Plus vous mangerez avant d’aller vous coucher, plus votre corps fera un effort durant la digestion ce qui vous fera brûler plus d’énergie et vous fatiguera. Vous peinerez donc à vous réchauffer.

La solution: manger léger avant d’aller vous coucher. Buvez également quelque chose de chaud. La chaleur de la boisson se diffusera à l’ensemble de votre corps et celui-ci prendra moins de temps à se réchauffer. Vous économiserez ainsi de l’énergie qui vous sera bien utile pour maintenir la température de votre corps au même niveau toute la nuit.

N’hésitez pas également, une fois votre boisson prise, à aller uriner, votre vessie vous remerciera et vous économiserez encore de l’énergie si vous ne vous retenez pas toute la nuit.

On pourra compléter le tout de quelques « pompes » légères (trop et trop violemment réveillent l’organisme et retardent le sommeil) juste avant de se glisser dans le duvet, qui faciliteront la circulation et la mise en température du corps pour une meilleure nuit.

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6. Bien fermer son sac de couchage

Fermez bien votre sac de couchage au niveau de la tête et des épaules (dans le cas où votre sac dispose d’une collerette à ce niveau). Cela évitera que trop d’air ne circule. Plus l’air froid circulera, plus vous aurez à le chauffer.
Attention néanmoins à ne pas tomber dans l’excès inverse: ainsi, gardez votre nez et votre bouche en dehors du sac afin d’éviter que de la condensation se forme à l’intérieur de celui-ci à cause de la vapeur d’eau de la respiration.

Les sacs comme le Snugpak Jungle Bag avec moustiquaire intégrée offrent ainsi le meilleur des deux mondes: isolation physique totale de l’extérieur, mais partie visage ventilée, permettant une respiration confortable sans subir les aléas extérieurs ni une condensation non souhaitée.

7. Se changer entièrement OU ne pas se laver le corps:

Après avoir passé une journée sur le terrain, 2 écoles:

  • soit changez vous entièrement avant d’aller vous coucher, ne gardez pas des vêtements dans lesquels vous avez transpiré. Passez vous un coup de lingette également ce qui permettra d’enlever la transpiration de votre corps et de limiter la prolifération bactérienne (= ce qui fait qu’on sent mauvais, cause allergies et problèmes d’hygiène à terme). En effet la transpiration dépose sur votre corps des sels (les traces blanches sur vos vêtements) qui ont tendance à absorber l’humidité, d’où cette sensation de froid lorsqu’on a transpiré;
  • soit prenez le parti inverse: légèreté et performance (plus rapide, moins de logistique), à une condition: bannir le tout-synthétique pour ne porter que des sous-vêtements coton+élasthanne l’été car séchage rapide sans foyers bactériens=odeurs que favorisent les tissus « techniques », ou laine majoritaire même l’été si grammage léger. On fait alors confiance à cette couche de sels à la surface du corps, qui va permettre, en la maintenant et en lui permettant de respirer grâce à la laine, d’atteindre ce qu’on appelle l’équilibre osmotique, stade auquel le corps, via la pellicule de sels générée par la transpiration, cesse de transpirer abondamment: on dépense alors, pour un même effort, beaucoup moins de calories (donc moins de pertes de chaleur) tout en consommant beaucoup moins d’eau. Cette technique, utilisée autrefois notamment par les troupes méharistes de la Colo, permettait à des personnels occidentaux fraîchement acclimatés au Sahara de ne consommer, à l’effort, que 2 à 3 litres d’eau par jour, voire moins dans certaines conditions.

L’idéal est de tabler sur les propriétés particulières de la laine, qui est la seule fibre, naturelle comme artificielle, à être à la fois très isolante et très respirante. Elle s’ajuste à l’humidité et à la température ambiantes, au contraire des synthétiques qui refroidissent et se rétractent à l’humidité, pire encore si celle-ci est au contact (transpiration, pluie). La laine, elle, dégage de la chaleur et se gonfle à l’humidité, augmentant son pouvoir isolant tant que pas saturée en eau (30% de son poids, d’où l’intérêt des classifications laine 200/400/600g/m2 chez Ullfrotte par exemple) et par temps chaud elle sèche et se contracte, laissant circuler plus d’air et facilitant l’évacuation de la chaleur corporelle.

Fongicide et bactéricide (donc ne retient pas les odeurs corporelles et garde la peau propre si portée à son contact), auto-nettoyante (donc peu d’entretien / lavages, quelques heures aux UV du soleil suffisent), silencieuse (non négligeable en tactique), extensible tout en étant ininflammable, faiblement compressible (donc dormir habillé de laine maintient une couche isolante plus épaisse que tout autre textile), résistante à l’abrasion et légèrement déperlante, c’est LA matière tactique par excellence pour l’habillement. Ses seuls inconvénients sont son séchage lent uniquement une fois qu’elle est saturée en eau (mais reste chaude comme expliqué plus haut), son coût (quoique), et c’est tout.

Il est à noter que l’armée américaine notamment, qui dispose de laboratoires de pointe et prend en compte régulièrement les RETEX de ses personnels concernant l’équipement individuel, revient à la laine. Pourquoi? 30% des personnels blessés en Irak et en Afghanistan (blessures de combat ou non) ont eu des blessures aggravées par le seul fait du port de vêtements synthétiques, notamment de sous-vêtements dits techniques. Une célèbre marque de vêtements de sport moulant dits « techniques » est ainsi aujourd’hui interdite de port dans la plupart des unités de combat de l’armée américaine. De plus, près de 60% des personnels qui avaient perçu des effets de corps synthétiques se sont retrouvés, au bout de délais divers, avec des problèmes d’hygiène et notamment de peau (irritations, allergies) parfois graves.

Un mélange >80% laine <20% synthétique(s) type Ullfrotte / Icebreaker / équivalents, représente un compromis intéressant pour une 1ère comme une 2ème couche type chemise F1, et sera bien plus efficace qu’une F1 polaire, l’apport modéré de synthétique permettant un séchage plus rapide que de la pure laine sans perdre en perdre les qualités de base.

8. Ne pas trop s’habiller…

Dans la lignée de ce que nous avons dit au dessus, ne vous couvrez pas trop, vous risquez de transpirer et de créer de la condensation. Le gain de chaleur ne serait que peu intéressant et trop peu efficace.

9. Mais s’habiller quand même!

De la même manière dormir en caleçon ou pire, nu, n’est pas une solution viable. Laissez une couche de vêtement entre vous et l’air à l’intérieur du duvet (idéalement en hiver par exemple, chaussettes laine + caleçon long + t-shirt, en été caleçon + t-shirt + chaussettes).

De plus certains revêtements de duvets ne sont vraiment pas agréables au contact, pour peu que vous transpiriez cela peut finir en très mauvaise nuit.

Un bonnet en laine (jamais de synthétique!) peut également être une bonne idée, la tête étant un point de déperdition de chaleur très important, de surcroît facilement à l’air par rapport aux autres parties du corps enserrées par le sac de couchage.

10. Couvrir les extrémités

Comme on le dit souvent, la chaleur s’échappe en premier par les extrémités du corps. Ce sont aussi les parties du corps les plus difficiles à réchauffer.

Notre conseil est de mettre un bon bonnet (Polo utilise un bonnet Brynje Artic, review ici, Phoenix vous recommande un bonnet laine type Mil-tec ou Pentagon, peu cher et en pure laine), une paire de gants: Polo vous conseille les mitaines de chasse Solognac Taïga 500, review ici, Phoenix préfère les sous-gants soie Décathlon à 7€ portés sous ses gants de combat) et une bonne paire de chaussettes sèches (celles de dotation en laine font très bien le travail).

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Avec ces 10 astuces vous pourrez donc passer de très bonnes nuits en bivouac même dans les pires conditions, en tout cas chez TRE nous n’avons jamais eu à nous en plaindre, que ce soit en tactique ou en civil.

Si vous avez d’autres astuces n’hésitez pas à nous en faire part en commentaires!