Mercredi 15 mars, le SGGN (Secrétariat Général de la Garde Nationale) organisait un live-chat sur Twitter afin de répondre en direct aux questions des intéressés sur le sujet des Réserves. Les deux interlocuteurs étant directement le SG et son adjoint, nous n’avons pu manquer d’y assister.

En voici donc le débrief et quelques éléments d’information qui s’y rattachent en première partie, suivi des retours / remarques / observations de divers intéressés en deuxième partie. Mais avant, quelques notes et précisions.

Tout d’abord, on ne pourra s’empêcher de faire 2 constats au simple nom « Garde Nationale » :

  • le premier est qu’il créé souvent une confusion chez tous ceux pas exactement informés de sa composition et de son fonctionnement, avec le système de Garde Nationale employé par les américains pour une partie de leurs troupes de réserve ;
  • le deuxième est que son abréviation, GN, ne manque pas de créer une autre confusion chez les professionnels, habitués à ce que GN désigne la Gendarmerie Nationale …

 

Il faut donc définir ce qu’est cette Garde Nationale.

La Garde Nationale, aujourd’hui en France, est le regroupement de l’ensemble des réserves opérationnelles des forces armées et de police nationales, c’est-à-dire :

  • des Forces Armées :
    • Armée de Terre ;
    • Marine Nationale ;
    • Armée de l’Air ;
    • Services et organismes interarmées (SSA, DGA, etc.) ;
  • De la Police Nationale ;
  • De la Gendarmerie Nationale.

Chacune de ces réserves conserve son statut propre, mais l’ensemble est coordonné par un secrétariat commun, qui est donc le SGGN. Certains se demandaient pourquoi c’est un secrétariat et non un commandement comme pour d’autres forces / structures, en voici donc la raison. C’est un organisme de coordination et non de commandement.

 

Le SGGN a été confié au GAL Poncelin de Raucourt. Qui est-il ?

le GAL Gaëtan Poncelin de Raucourt, COM TN, SGGN et CSRM (Image DICOD).

le GAL Gaëtan Poncelin de Raucourt, COM TN, SGGN et CSRM (Image DICOD).

Saint-cyrien, il choisit l’arme du Génie et les Pompiers de Paris (BSPP), où il sert pendant 10 ans jusqu’en 1994, avant de passer un DEA en sociologie des organisations à l’IEP de Paris (Sciences Po) qui lui permet de rejoindre le Centre des Relations Humaines de l’Etat-Major de l’Armée de Terre.

Breveté de l’Enseignement Militaire Supérieur Scientifique et Technique et de l’Ecole Supérieure de Guerre, il sert ensuite de 2006 à 2012 au Bureau Réglementation – Organisation de l’Etat-Major des Armées (EMA), où il est directement impliqué dans la conduite du changement dans les armées.

En 2013 il prend le commandement de la BSPP et se retrouve 2 ans plus tard engagé avec sa brigade dans les opérations de secours aux victimes des attentats de Paris, avant de se voir confier la tâche de définir les axes de travail pour la modernisation des réserves à l’été 2015.

Nommé COM TN (Commandant Terre pour le Territoire National) en juin 2016, puis SG du CSRM (Secrétaire Général du Conseil Supérieur de la Réserve Militaire) en août 2016 et enfin SGGN et Délégué Interarmées aux Réserves en octobre 2016.

 

Son adjoint au CSRM et au SGGN est le CEL Philippe Durand.

Le CEL Philippe Durand, adjoint CSRM et SGGN (image @GardeNatFR).

Le CEL Philippe Durand, adjoint CSRM et SGGN (image @GardeNatFR).

Gendarme issu de la Mobile où il a servi comme commandant de peloton avant de prendre le commandement du groupement de la Somme, il a été, de 2013 à 2015, chef d’état-major de l’Inspecteur Général de la Gendarmerie, puis directeur des Relations Extérieures au Centre des Hautes Etudes du Ministère de l’Intérieur (CHEMI).

 

Le SG à droite et son adjoint à gauche lors du live-chat Twitter (image @GardeNatFR).

Le SG à droite et son adjoint à gauche lors du live-chat Twitter (image @GardeNatFR).

 

Passons à présent au débrief de ce live-chat.

 

CE QUI Y A ETE DIT

 

Déjà, on apprend que pour 2017, le budget alloué aux réserves sera de 311 millions d’euros.

En 2012, la Réserve Opérationnelle des Armées disposait de 71 millions d’euros.

En 2016, le budget tournait autour de 88 millions.

En 2017 il sera d’environ 140 millions.

 

En 2016, sur 65700 volontaires engagés par contrat (ESR), 6000 sont engagés tous les jours.

L’objectif est de porter pour 2018 ces chiffres à respectivement 85000 et 9250.

 

Ceux engagés sur les missions Sentinelle (STN) font en moyenne 15j par mission dixit le GAL. Et il est plus que jamais possible de partir 150 j/an dans le cadre des missions STN.

Quelques chiffres sur les réserves. Dommage développer avec 2L ... (Image @GardeNatFR)

Quelques chiffres sur les réserves. Dommage développer avec 2L … (Image @GardeNatFR)

 

Le décret publié le 15 mars et entré en vigueur le 16 précise les modalités des aides accordées dans le cadre de la Garde Nationale. Plusieurs de ces mesures furent abordées lors du live-chat avec le SGGN.

 

Concernant les contreparties pour les entreprises laissant partir leurs employés en réserve, une réduction d’impôt est en vigueur depuis le 08 février, et le SGGN travaille actuellement sur les critères Responsabilité Sociale des Entreprises. Y a été opposé que cette réduction n’est valable que pour les missions, entraînements et autres convocations n’étant pas pris en compte quant à eux. Aucune réponse n’a à ce jour été faite à cette remarque.

(Image @GardeNatFR)

(Image @GardeNatFR)

Cependant, il a été également souligné qu’aucune mesure n’existe actuellement pour faciliter l’accès à la réserve aux personnes travaillant dans les professions libérales, qui ne bénéficient pas des 5 jours annuels devant être accordés par l’employeur, dont bénéficient en revanche les salariés. Le SGGN travaille dessus.

 

Certains ont demandé s’il est possible d’être réserviste militaire et fonctionnaire permanent au sein de la Police Nationale. La réponse est oui, tout en notant qu’on ne peut être réserviste de la Police et dans les forces armées. Nous verrons plus loin les remarques des observateurs.

 

Un participant a demandé s’il existe des différences de formation suivant le régiment. La réponse reste la même que d’habitude: elles sont globalement les mêmes, avec des nuances selon l’unité.

 

A été également demandé quelles formations complémentaires sont accessibles aux réservistes dans leurs unités respectives. Réponse faite : dépend de la formation d’emploi, le principe restant que le régiment d’appartenance ouvre les stages qu’il souhaite à ses réservistes.

 

Sur le pendant civil des formations, le GAL a révélé l’existence de travaux en cours au niveau interministériel MinDef / MinInt pour la mise en place de passerelles vers les métiers de la sécurité privée.

 

Une question dont l’absence de réponse publique a suscité quelques remarques : la possibilité pour les enfants de réservistes opérationnels d’intégrer les lycées de la Défense (ex-lycées militaires). Une étude en profondeur de la question est envisageable d’après le SGGN.

 

Autre point abordé : la possibilité d’attribuer une bonification aux entreprises « Partenaires de la Défense Nationale ». La réflexion est en cours, car une telle démarche imposerait des modifications législatives sur le plan national et européen.

 

A la question de savoir quelles actions sont prévues pour valoriser la motivation et l’engagement des réservistes aux yeux des employeurs, le SGGN a répondu que des études sont en cours, notamment par Goodwill Management sur la valeur immatérielle du réserviste, dont les résultats sont attendus en mai.

 

A été demandé si l’on verra un jour des réservistes en tenue sur les campus et dans les grandes surfaces afin de promouvoir le recrutement au sein de la Garde Nationale. Réponse du SGGN : déjà le cas dans le cadre des actions de communication et de recrutement.

 

Avantages octroyés aux étudiants : aide au permis de conduire et allocation d’études + prime de fidélité pour ceux étant déjà réservistes. C’est également la réponse faite à la question de la fidélisation des réserves, plusieurs ayant fait remarquer la durée courte de la plupart des engagements : 2 ans seulement environ, quand le moindre contrat d’engagé volontaire d’active est de 3 ans (hors VDAT).

 

Abordée, la question de la mise en place d’une deuxième FIOR (Formation Initiale d’Officier de Réserve) n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour selon le SGGN.

 

Dernière question sérieuse abordée : l’après réserve, la possibilité d’intégrer l’active plus facilement. Seule réponse faite par le SGGN en l’état : avoir été réserviste peut être un plus au niveau de l’expérience quand on veut intégrer l’active.

 

On passera bien sûr sur les questions diverses du style « les cheveux roses / verts / fluo sont-ils autorisés » auxquelles le SGGN n’a pas jugé bon répondre, on se demande pourquoi XD.

 

CE QUI EN A ETE DIT

 

Nous allons reprendre point par point dans le même ordre que précédemment pour les observations faites par des intéressés.

 

Concernant l’enveloppe budgétaire, celle-ci est jugée encore trop faible par certains, par rapport au budget total des ministères concernés. Pour la Défense par exemple, le budget 2016 des réserves représente environ 0,27% du budget total du ministère.

 

Les objectifs en termes de recrutement sont jugés ambitieux par certains, irréalistes par d’autres.

En effet, beaucoup dénoncent le fait que les chiffres de nombre de réservistes sous contrat sont irréalistes, compte-tenu du fait que bien trop de « réservistes » des armées n’ont en pratique fait qu’une FMIR (formation initiale de 13j) et ne reviennent plus pendant le reste de la durée de leur contrat, pour des raisons diverses : ont confondu la FMIR avec une période découverte, ne désirent pas revenir dans l’institution, ont fait une FMIR avant de s’engager dans l’active, sont contraints par leurs emplois du temps estudiantins ou professionnels.

Le fait est que le nombre de réservistes effectuant plus de 23j (durée moyenne de service annuel dans la réserve opérationnelle) est particulièrement faible, et qu’il faut savoir que des disponibilités de 3 à 4 semaines sont généralement demandées pour les missions Sentinelle, ce qui, ajouté aux jours d’instruction nécessaires, porte à 30-40j le minimum syndical pour ceux servant dans les OPINT. De fait, le taux d’attrition est considérable, et les « furieux » effectuant 45j ou plus (jusqu’à 90, 120, 150 voire 210j selon contrats, modalités, besoins etc.) sont rarissimes.

Ils pourront se rassurer avec la nouvelle mesure imposant que les candidats à l’entrée dans la réserve militaire passent d’abord par une Préparation Militaire (où le personnel est sous statut civil contrairement aux FMIR où il est sous statut militaire), ce qui permettra sûrement de limiter l’effet « période découverte » des FMIR et d’y voir des personnels désireux de servir réellement dans les réserves.

Du reste, la durée moyenne annoncée de 15j par mission STN pour les réservistes semble incongrue pour certains, leurs unités demandant surtout 3 voire 4 semaines minimum de disponibilité pour partir, durées très difficiles à assumer pour n’importe quel salarié. Le problème est que tout départ doit être précédé d’une période de validation des prérequis (tir, secourisme, TIOR, aspects juridiques) dont le coût n’est pas négligeable. Difficile donc pour les unités de faire partir beaucoup de personnels sur de petites durées, faire partir moins mais plus longtemps étant plus économique. On en revient aux remarques d’autres sur le budget perçu encore comme trop faible bien qu’en très nette évolution positive.

 

Cependant, toujours pas de nouvelles de ce que nombre d’entre vous, actives comme réserves, demandent depuis longtemps : la mise en place de tests d’entrée physiques pour la réserve afin d’assurer une homogénéité minimale dans le recrutement et un premier profilage des personnels, et de tests annuels de contrôle de la condition physique, en appliquant tout simplement le barème CCPM.

 

L’aspect contreparties pour les entreprises reste la pierre d’achoppement.

Toujours rien pour les jours de réserve effectués au motif de l’entraînement et non des missions opérationnelles.

Toujours rien pour les professions libérales, travailleurs non-salariés (TNS), artisans, commerçants et chefs d’entreprises, qui représentent pourtant la majeure partie des actifs du privé en France … et une proportion considérable des réservistes.

La question, d’importance pour une écrasante majorité des réservistes et qui demeure le sujet de discussion n°1 des réservistes du fait de la difficulté de jongler entre vie civile et vie militaire compte-tenu des impératifs et contraintes des deux, reste sans réponse concrète pour l’instant, et beaucoup critiquent des mesures « d’image » parfois qualifiées d’ « effet de manche ».

On ne manquera pas de rappeler que le GAL et son équipe font très certainement tout ce qu’ils peuvent pour solutionner ces états de faits et attirer l’attention des décisionnaires sur les problèmes des uns et des autres, mais que c’est au politique d’apporter les éléments de réponse, les militaires quels que soient leurs grades n’étant pas décisionnaires sur ces questions.

 

Le fait de pouvoir être réserviste militaire et policier d’active en même temps surprend toujours.

Certains dénoncent le fait qu’en cas de crise majeure, rien ne permet de définir précisément qui est l’employeur prioritaire, et qu’il ne devrait pas être possible d’être réserviste quand le métier principal est déjà d’être au service de la communauté (pompiers professionnels civils inclus).

D’autres font remarquer que s’il est possible d’être policier d’active et réserviste dans l’armée, l’inverse n’est pas possible, pas plus qu’être en réserve de la police et en réserve de l’armée, laissant apparaître ce que certains dénoncent comme une « absurdité » du système.

Il est vrai que nombre de policiers qui servent également en réserve ont bien du mal à se libérer pour la réserve.

 

L’homogénéité de la formation initiale dans la réserve militaire semble faire consensus.

Il est vrai que la FMIR est l’équivalent du CFIM pour les réservistes militaires. Cependant les FMIR sont fréquemment vues comme trop courtes et souvent allégées faute de temps / moyens pour tout faire.

Certains suggèrent de les passer à 3 semaines de sorte à pouvoir aborder l’ensemble des points sereinement tout en laissant un temps suffisant aux stagiaires pour assimiler les connaissances et s’imprégner de l’esprit militaire de base ; l’arrivée du système PM + FMIR devrait au moins en partie solutionner la chose.

 

Formations complémentaires dans les RGT : nombreux sont ceux demandant l’ouverture de plus de stages aux réserves, pour permettre une meilleure complémentarité active / réserve, dans les armées.

Dans la Police Nationale (PN), certains font remarquer que le dispositif actuel de réserve ne répond pas du tout aux besoins, et qu’il faudrait peut-être calquer celui de la Gendarmerie qui aurait selon eux fait ses preuves pour l’adapter au contexte PN et ainsi mettre à disposition des policiers permanents des policiers de réserve formés et compétents dans des domaines variés, qui de plus pourraient constituer une réserve d’informateurs maillant la société et concourant, entre autres, à la prévention du risque terroriste.

 

La mise en place de passerelles vers les métiers de la sécurité privée n’a pour l’instant pas reçu de remarques particulières mais devrait être bien accueillie si elle devait se faire. D’autant qu’au-delà de la simple sécurité privée, la valorisation à titre civil de compétences acquises à titre militaire dans le cadre de la réserve pourrait ouvrir de nouvelles perspectives d’évolution de carrière dans certains secteurs d’activité aux personnels concernés, tout en justifiant l’intérêt pour certains employeurs de disposer de personnels réservistes dans leurs effectifs.

 

L’admission des enfants de réservistes opérationnels en lycées militaires n’est pas une question anodine. Actuellement impossible, elle concrétiserait pourtant une égalité de traitement entre personnels d’active et de réserve, d’autant que le rôle des lycées militaires est à la fois celui d’aide aux familles et d’aide au recrutement des armées.

L’un des principes sous-tendant le système des lycées militaires est de fournir aux enfants de professionnels appelés à être régulièrement absents de chez eux et dont le conjoint n’est pas forcément beaucoup plus disponible du fait de ses contraintes professionnelles, un environnement éducatif stable dans la durée et caractérisé par une très forte cohésion entre les élèves. L’accès à ces écoles est conditionné par un certain nombre de critères dont la réussite d’un concours d’entrée particulièrement sélectif.

Très exceptionnellement dans cet article nous ferons une observation partisane, les 2 administrateurs du Collectif TRE (Polo et votre serviteur) étant tous deux issus de lycées militaires, et connaissant tous deux assez bien la réserve pour en faire ou en avoir fait partie : ouvrir ces écoles à tous les réservistes serait une absurdité et déclencherait à juste titre un tollé, compte-tenu du système actuel de fonctionnement des réserves.

On ne peut permettre à des enfants de personnels de réserve n’effectuant que 10 ou 15j de réserve par an et sous contrat depuis à peine 1 ou 2 ans, de prendre la place d’enfants de personnels d’active passant depuis 10 ou 15 ans leur vie entre OPEX, MCD et rotations diverses. En revanche, si des critères particuliers pour l’accès des enfants de réservistes aux concours d’accès des lycées militaires étaient établis, pourquoi pas. Par exemple : sous ESR depuis plus de 5 ans ou ayant effectué plus de 5 années dans la réserve sans interruption de contrat, plus de 45j / an en moyenne depuis la signature du premier contrat, CCH / SGT minimum ou grade équivalent. Sinon ce serait « la fête du slip ».

 

La problématique de la bonification aux entreprises « Partenaires de la Défense Nationale » souligne les difficultés rencontrées dès lors qu’il faut répondre à des besoins au plan national avec une législation parfois définie / harmonisée au niveau européen. Nous ne relaierons pas ici les diverses observations de certains, le terrain glissant rapidement du technique au doctrinal voire au politique, et ce n’est pas l’objet.

 

Le Collectif TRE s’est largement fait écho de l’étude mentionnée plus haut sur les réseaux sociaux, notamment sur le groupe Réserviste de l’Armée de Terre. Elle est actuellement close mais nous sommes certains que la plupart des concernés auront pris le temps d’y répondre, dans leur propre intérêt. L’étude était, c’est assez remarquable pour le souligner, particulièrement bien foutue, avec possibilité d’y joindre des remarques détaillées et d’être contacté pour détailler plus encore.

 

Cependant, certains attendraient plus comme mesures d’encouragement et de valorisation de la motivation. Pourquoi pas comme le proposent certains une évolution de la Médaille des Services Militaires Volontaires, une nouvelle décoration conditionnée par des critères stricts (plus de X années sous ESR, avec un minimum de X jours / an, dont un minimum de X jours / an de missions OPINT / OPEX) lui conférant une réelle valeur, ou l’obtention d’un brevet spécifique aux missions intérieures, qui collerait plus au cadre général de la Garde Nationale, pas seulement militaire (brevet accessible après X années sous ESR et après X j / an de missions et qui sanctionnerait des niveaux de compétences techniques, physiques et de connaissances du cadre juridique des diverses missions intérieures de la Garde Nationale dans tous ses aspects).

 

Concernant la présence de réservistes en tenue sur les campus et dans les grandes surfaces, il faut bien reconnaître que les actions restent réduites.

Certes de nombreuses universités ont joué le jeu et organisé des événements en collaboration avec les autorités concernées, notamment lors des JNR (Journées Nationales des Réservistes), mais la génération actuelle d’étudiants est la première à être totalement déconnectée du monde militaire, les parents ne faisant plus partie des dernières classes d’âge ayant connu le service militaire.

La sensibilisation aux questions de défense et de sécurité intérieure se pose comme un défi auquel l’ « effet Charlie Hebdo » ne saurait être une réponse viable et durable, les missions des réserves étant loin de se limiter au terrorisme (sécurité publique, protection des installations militaires, lutte contre les feux de forêts, prévention routière, lutte contre la délinquance, aide aux populations, etc.) et nécessitant un recrutement pérenne s’inscrivant dans la durée, au-delà de tous effets de mode liés à certaines menaces particulières.

 

Concernant les avantages octroyés aux étudiants, enfin une bonne nouvelle.

Beaucoup notent qu’il est cependant triste qu’il ait fallu attendre des événements aussi dramatiques pour qu’une prise de conscience sur l’importance des réservistes étudiants débouche enfin sur des mesures incitatives concrètes. D’autant que le taux d’attrition chez les militaires du rang, souvent étudiants, est considérable voire catastrophique : il est ainsi très difficile de garder un effectif stable de militaires du rang GV dans la plupart des unités de réserve de l’armée : ceux qui restent plus de 2 ans et s’investissent grimpent inévitablement (chef d’équipe etc.), les autres partent (non-renouvellement). Problématique différente dans la Gendarmerie, du fait d’un fonctionnement différent.

Certains font remarquer que les mesures d’aide aux étudiants pourraient être aussi moins vénales et se pencher sur le problème du suivi des cours : faciliter la mise en place de cours virtualisés / en podcast / vidéo pour les réservistes, et une certaine souplesse dans les dates de partiels et les modalités de contrôle continu sont des axes de travail suggérés qui pourraient apporter des réponses pratiques au problème majeur des étudiants réservistes : assurer la réussite de leur études tout en sacrifiant une partie de leur temps au service de la communauté.

 

Le trop fort taux d’attrition est donc vivement critiqué, et souvent attribué à l’absence de mesure facilitant la vie des réservistes, qu’ils soient étudiants ou actifs. Le fait est que la durée moyenne des contrats (2 ans) implique des dépenses considérables pour les unités. Il est en effet bien plus coûteux de renouveler régulièrement l’effectif de base que de disposer d’un vivier stable d’exécutants de base pour lequel des recyclages périodiques sont suffisants.

 

La question d’une 2ème FIOR dans l’année se pose pour une simple raison : les dates ne coïncident pas forcément avec les impératifs civils des stagiaires proposés, qui doivent donc parfois attendre 1 ou 2 ans de plus pour pouvoir présenter la FIOR ; une deuxième période disponible permettrait de solutionner le problème, mais son organisation pose très logiquement un certain nombre de problèmes non solutionnables en l’état.

 

Si de nombreux militaires de réserve rejoignent un jour l’active, la réserve ayant été très (trop ?) fortement utilisée comme vecteur de recrutement pour l’active, de plus en plus de militaires de réserve ne comprennent cependant pas avoir à recommencer à zéro le jour où ils souhaitent rejoindre l’active, quel que soit leur grade et les compétences acquises. Ce qui rebute nombre de motivations, particulièrement chez ceux en fin de tranche d’âge pour les candidatures souhaitées.

Il existait pourtant autrefois des passerelles (notamment les ORSA – Officiers de Réserve en Situation d’Activité), et certains aimeraient voir la mise en place de passerelles à grade égal, par exemple des sessions spéciales pour les sous-officiers où celui qui est sergent (ou grade équivalent) de réserve peut intégrer l’ENSOA pour un cycle adapté plus court que celui qui débarque du civil et n’a aucune expérience ni formation militaire.

 

NOTRE AVIS SUR CETTE INITIATIVE

 

L’idée de ce live-chat nous est apparue excellente. Malgré tout, nous avons constaté un assez faible nombre de participants actifs ou passifs compte-tenu du nombre d’intéressés potentiels. L’info avait pourtant été abondamment relayée par les autorités impliquées sur les réseaux sociaux, mais peut-être trop tardivement.

De fait, la très grande majorité des unités de réserve n’ont pas eu la possibilité de missionner un de leurs personnels pour centraliser les questions de leurs effectifs et les poser. On s’avancera même jusqu’à dire que la plupart des cadres de réserve n’étaient pas au courant de cette initiative de leur Secrétaire Général.

Les horaires étaient pourtant parfaitement choisis : un mercredi soir, entre 18h et 20h, de sorte à être accessibles à une heure où une majorité d’intéressés pouvaient être disponibles.

Il est vrai qu’organiser ce live-chat sur Twitter n’était peut-être pas la meilleure idée. L’outil est plus branchouille que populaire, contrairement à Facebook qui reste une plateforme bien plus commune pour la plupart d’entre nous. Sur Facebook, organiser l’événement via un statut auquel les participants répondent en commentaires pour poser leurs questions aurait permis de cibler un large panel d’intéressés tout en offrant la possibilité d’effacer par la suite les questions doublons pour clarifier les réponses apportées. L’ensemble pouvant ensuite être librement partagé par les gens sur Facebook, Twitter, intégrable sur sites internets etc.

 

Autre constat : le fait que, malgré que la Garde Nationale regroupe les réserves des armées, de la Gendarmerie et de la Police, le débat soit resté focalisé sur l’aspect militaire, et plus particulièrement kaki. Il semble qu’il va falloir plus de communication pour que le public perçoive que les réserves ne se limitent pas aux forces armées (Gendarmerie incluse), ni aux missions Sentinelle. En effet, la cyberdéfense, l’ingénierie, les actions civilo-militaires, et bien d’autres aspects des réserves ne sont que trop rarement abordés et certainement trop peu connus du public.

 

Nous remercions le SGGN (le GAL, son adjoint et le reste de leur équipe) pour le temps accordé à répondre au mieux aux questions posées, et attendons donc avec impatience les prochaines initiatives de communication directe du même genre du CSRM et du SGGN, occasions remarquables pour le grand public et les personnels concernés de poser directement les questions les plus pointues et les plus intéressantes pour la communauté des personnels civils et militaires de réserve aux autorités qui en ont la charge.

 

Ci-joint sur le lien cliquable le décret précisant les missions, l’organisation et les dispositions de la Garde Nationale.