MàJ du 19/12/16: voir parties en italique.

Certains d’entre vous le savent déjà, le calot (ou bonnet de police pour être exact) fait son grand retour dans l’armée française, et particulièrement dans l’Armée de Terre, depuis fin octobre – début novembre derniers. Il est en effet déjà la coiffure de service courant pour l’Armée de l’Air, pour les unités non « infanterie de l’air ».

Première question que nombre d’entre vous se posent : pourquoi ?

Trois raisons pratiques qui semblent justifier cela :

  • d’une part une raison économique très probable : le calot coûte moins cher à confectionner que le béret, et dure plus longtemps : un béret fini assez rapidement par déteindre, perdre en superbe, l’insigne métallique s’use, blanchit etc. Le coût final dans la durée est plus élevé semble-t-il ;
  • d’autre part une raison esthétique et de tradition : le calot, comme toute coiffe, est chargé d’histoire et de traditions, et il est probable qu’en haut lieu, avis que certains d’entre vous partagent, l’universalité du béret bleu marine ait fini par lasser;
  • enfin, faire évoluer l’apparence publique du militaire semble important dans le cadre d’un recrutement plus important et d’une communication de masse.

 

Des changements qui vont au-delà de la simple coiffe

Les changements sont en fait une phase transitoire en attendant la création de nouveaux uniformes, de défilé notamment.

Ainsi, le « treillis de défilé » disparaîtrait au profit de la seule T32-T34, du moins pour les évènements publics.

Une nouvelle tenue de combat doit également faire son apparition, dans la lignée du remplacement des « Meindl » par les « Haix » Centre Europe (dont nous vous parlerons très bientôt en long, large et travers). En pratique il s’agirait seulement d’une harmonisation de la tenue Félin à l’ensemble des unités. On prie pour que le T4S1 reste le treillis de terrain (sans trop y croire, vu son coût).

Il serait également question du retour au blouson ADT. A suivre.

 

Le calot, oui, mais pour qui ?

Toutes les unités ne seront pas concernées par ce retour au calot. Pourquoi? Parce que toutes les unités n’ont pas le calot dans leurs traditions, ou pas avec la même empreinte. Ainsi, les troupes spéciales type infanterie spécialisée ont toujours porté le béret depuis la seconde guerre mondiale (chasseurs, parachutistes, commandos, …) qu’il soit noir, bleu roi, rouge ou vert. Idem pour les chars de combat. Universalisé en 1964, le béret a depuis réduit en taille et connu quelques légères évolution de couleurs d’armes (ALAT et TAP).

De fait, certaines unités garderont le béret :

Le béret reste la coiffure tactique de base, lorsque le port du casque ou d’autres effets n’est pas prescrit / nécessaire / pratiqué du fait des activités (casquette tactique notamment, en vigueur dans certaines unités de la BP).

 

Aux origines du calot

Le calot était à l’origine une coiffe de repos taillée dans la jambe d’un pantalon réformé de l’arme (d’où les différences de couleurs), agrémentée d’un pompon tombant sur le côté ou devant la tempe, et repliée de sorte à pouvoir tenir sur la tête. Elle était portée le plus souvent pointe pendante (en « flamme »). Très appréciée par les Dragons, corps d’élite de l’armée française d’Ancien Régime dont la coiffe de combat était particulièrement lourde et encombrante, rendant intéressant le port d’une coiffe légère et pratique pour le travail quotidien, elle fait son apparition réglementaire en 1786 (3 ans avant la Révolution Française) et devient très populaire tout au long du XIXème siècle, évoluant progressivement vers sa forme actuelle jusqu’en 1889.

Après la Première Guerre Mondiale, il se standardise et s’étend à l’ensemble de l’armée de Terre. La Colo le modifie à son goût, gardant un modèle sans soufflet dont les pointes sont rentrées et l’ensemble légèrement incurvé (« pipoter son calot »), et en fait son couvre-chef emblématique aux côtés du casque colonial.

A la fin de la Guerre d’Algérie, le CEMAT d’alors veut que l’Armée de Terre toute entière porte le béret ; les raisons réelles de ce choix sont toujours débattues mais les hypothèses liées aux évènements internes à l’armée en Algérie sont favorisées : la Colo fait de la résistance quelques années, mais dès 1964, toutes les armes de l’ADT sont passées au béret, exception faite des Chasseurs Alpins.

Rappelons que le calot était cependant resté présent de façon réglementaire dans l’Armée de l’Air et dans certaines unités de la Police Nationale, de la Gendarmerie Nationale, ainsi que dans une bonne partie des Lycées et Ecoles Militaires.

Et vous, que pensez-vous du retour du calot en service courant?

Edit du 19/12/16: une lecture complémentaire sur l’histoire des coiffes dans l’armée française, copieusement illustrée, ici.

 

« Il ne suffit pas d’avoir beaucoup d’hommes. Il faut qu’ils soient bien faits, bien vêtus, bien armés » disait Louvois (pas le logiciel trop souvent muet mais le Secrétaire d’Etat à la Guerre du roi Louis XIV). Vous remarquerez qu’il n’a pas dit qu’ils doivent être payés à l’heure. Farceur le pax.